Comprendre la blockchain et le bitcoin pour anticiper le monde de demain

C’est quoi exactement le Bitcoin et la blockchain ?

Ces derniers temps, vous avez sûrement entendu parler du bitcoin : la fameuse monnaie virtuelle. Mais avant de parler du Bitcoin ou de la blockchain, il est important de comprendre comment fonctionne les monnaies classiques comme le franc Guinéen, dollars, euros, etc….

Un peu d’histoire ne ferait pas de mal :

Avant la création des billets de banque ou des pièces de monnaie, les échanges se faisaient via le troc, c’est-à-dire qu’on échangeait des produits contre d’autres produits. Par exemple, un éleveur de mouton qui veut s’offrir du poisson, va se rendre sur la place du marché pour échanger son mouton contre du poisson.

Souvent les échanges n’étaient pas équitables, les gens se mettaient tout simplement d’accord après de multiples négociations (plus c’est rare, plus c’est cher). Avec le développement, le troc atteint rapidement ses limites : imaginons qu’un mouton vaille deux poissons, si un vendeur de mouton ne veut qu’un seul poisson. Que va-t-il faire ? Ne me dites pas qu’il va couper son mouton en deux. Pour faciliter les échanges et résoudre certains problèmes de calcul élémentaires, les monnaies d’échanges furent créées.

En Afrique plus particulièrement au Niger, certaines personnes utilisaient le sel comme monnaie d’échanges. Chaque peuple avait sa propre manière d’échanger des marchandises, mais l’utilisation de pièces d’or était plus répandue. Les pièces d’or étaient bien plus pratiques que le troc classique, mais elles avaient un défaut : elles étaient précieuses et rares. Par conséquent, pour des questions de sécurité les gens confiaient leur or aux orfèvres, qui en retour fournissaient un certificat ou une attestation qui stipule que Monsieur X a confié X tonne d’or à l’orfèvre. Ainsi l’or était bien gardé au chaud et le client pouvait récupérer son or à tout moment en présentant le certificat qui lui a été délivré.

Finalement, il s’est avéré que le certificat était plus pratique à transporter que l’or. Pour ce faire, les personnes ont commencé à utiliser les certificats comme monnaie d’échange pour acheter des produits et biens.

Les orfèvres se mutent en banquier :

Les clients venaient rarement récupérer leur or, car ils utilisaient les certificats pour s’acheter des produits, mais en même temps les orfèvres étaient aussi sollicités pour des prêts. Ainsi, les orfèvres ont eu la fameuse idée de délivrer plus de certificats qu’il n’y avait d’or dans leur commode.

C’est ainsi que les orfèvres sont devenus banquiers, en prêtant de l’argent qu’ils n’avaient pas. De nos jours c’est encore le cas, les banques nous prêtent de l’argent qu’ils n’ont pas.

La naissance du crypto-anarchisme :

Dans le chapitre précédent, nous avons parlé de l’origine de la création de la monnaie, intéressons-nous un peu au mouvement qui a entraîné la création de la technologie blockchain et du bitcoin.

Mais c’est quoi exactement un crypto-anarchiste ? Un crypto-anarchiste est une personne qui a des connaissances approfondies dans le domaine informatique. Ils essayent de naviguer sur Internet de façon sécurisé en chiffrant toutes ses communications. En outre, les crypto-anarchistes ont horreur des systèmes de communication centralisés, ils préfèrent utiliser des communications Peer to Peer (pair à pair), où les échanges de données se font entre ordinateurs et non par à travers un serveur central.

Quand on médite un peu, nous pouvons constater que les banques aussi fonctionnent de façon très centralisée. C’est pourquoi certaines personnes n’adhèrent pas au système de fonctionnement des banques et veulent une monnaie qui fonctionne sans organe central de contrôle.

La blockchain :

L’apparition de la blockchain est comparée par ses défenseurs à l’invention de l’électricité. Ces derniers temps, le concept fait couler beaucoup d’encre, mais peu de gens connaissent réellement c’est quoi la blockchain et pourquoi elle est considérée comme une technologie révolutionnaire.

En 2008, une personne dénommée Satoshi Nakamoto, dont l’identité reste toujours inconnue, publie un document scientifique qui décrit le fonctionnement d’une monnaie virtuelle qu’il vient de créer : le bitcoin. Cette monnaie se base sur une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle. Cette technologie est la fameuse blockchain.

Tous les blocs qui constituent la blockchain sont liés les uns aux autres depuis la création du premier bloc, par Satoshi Nakamoto le 3 janvier 2009. Il faut retenir qu’il est improbable de modifier la blockchain du Bitcoin. Au début de chaque bloc, il y’a le hash du bloc précédent. Cette technique de hachage permet d’assurer l’intégrité de la chaine. Une fois qu’un bloc est modifié, tous les autres blocs doivent être modifiés et vu la taille actuelle de blockchain du bitcoin il est assez difficile de tout modifier.

source photo blockchainfrance.net
source photo openclassroom.com

Comment fonctionne la blockchain :

Comme vous avez pu le constater, la blockchain du bitcoin est constituée de transactions effectuées par des utilisateurs. En effet, quand une personne A fait une transaction vers une personne B, cette transaction est stockée dans un bloc. Une fois le bloc rempli, il est transmis sur le réseau et chaque nœud du réseau (des ordinateurs) essaye de valider le bloc au moyen de techniques cryptographiques. Une fois la validation faite, le bloc est daté et ajouté à la blockchain. Ainsi l’utilisateur B peut enfin recevoir la transaction.

source photo blockchainfrance.net

Tout le monde peut accéder à la blockchain du Bitcoin, car elle est publique. Vous pouvez même télécharger votre propre copie de la blockchain du Bitcoin, en utilisant par exemple le logiciel Bitcoin Core.

Vu la taille actuelle de la blockchain, son téléchargement nécessite une capacité de disque dur assez importante. Pour ce faire, il existe des plateformes spécialisées dans la consultation de la blockchain du Bitcoin. Le site blockchain.info en est la preuve.

Le Minage :

La première fois que j’ai entendu parler du minage, je me suis directement dit que c’était le moyen le plus facile de gagner de l’argent, car il suffisait juste de contribuer à la pérennité du réseau Bitcoin en laissant son ordinateur faire des calculs mathématiques. Mais ça c’était avant…

Mais en quoi consiste réellement le minage ?

Le minage consiste à mettre à disposition des ressources techniques (ordinateurs, serveurs etc..) au réseau du Bitcoin pour vérifier toutes les transactions d’un bloc. Quand un bloc est créé les mineurs le passent en revue et valident toutes les transactions contenues dans le bloc. La machine qui trouve la solution en premier aura une récompense. Pour conclure, plus ta machine est rapide et puissante plus ta chance de valider un bloc est importante.

Au début du Bitcoin, une personne X pouvait miner la blockchain avec un simple serveur. Mais vu le profit, le minage est devenue une institution. Cette image en est la preuve, c’est une ferme de minage contenant des centaines et milliers d’ordinateurs.

En outre, il est important de faire la différence entre les deux principes fondamentaux du minage : le proof of work et le proof of stake. Le proof of work ou preuve de travail en français, se base sur la capacité de l’ordinateur du mineur, plus ton ordinateur est puissant plus tu as des chances de valider un bloc. Avec ce mécanisme les mineurs investissent sur du matériel informatique de haute gamme et très performante. Par conséquent, le coût en électricité atteint des sommes faramineuses et l’impact sur l’environnement est non négligeable. Il a notamment été calculé que le mécanisme de proof of work du Bitcoin consomme annuellement autant d’électricité que l’Irlande entière.

En revanche, le mécanisme de proof of stake est l’alternative qui tente de résoudre tous les problèmes du proof of work. Au lieu d’investir sur du matériel informatique, le mineur achète des Bitcoins. Plus tu as des cryptomonnaies plus tu as des chances d’être choisi par l’algorithme de la blockchain pour valider un bloc et de recevoir ta récompense.

Combien les mineurs sont-ils rémunérés ?

La rémunération d’un mineur dépend du nombre de bloc validé, à l’époque un mineur recevait plus de 50 Bitcoins par bloc validé. De nos jours avec le développement du Bitcoin et des usines de minage, un mineur gagne à peu près 12,5 Bitcoins.

Cette stratégie de rémunération permet d’inciter les mineurs à continuer la vérification des transactions, et assurer ainsi le développement et la pérennité de la blockchain du Bitcoin.

La sécurité au niveau blockchain :

Considérée comme l’une des technologies les plus innovantes, la technologie blockchain a pour but de révolutionner notre vie quotidienne. Mais peut-on réellement faire confiance à cette technologie ? Ci-dessous, quelques éléments de réponse!

1-Peut-on usurper une identité dans la blockchain du Bitcoin?

En principe non, car chaque utilisateur de la blockchain possède deux paires de clés (une clé publique et une clé privée). La clé publique est enregistrée dans un répertoire public que personne ne peut altérer. La clé privée quant à elle sert à signer les transactions, et comme son nom l’indique elle doit être privée et ne doit pas être révélée au grand public.

En revanche, si la clé privée venait à être volée, des transactions pourront être faites à la place de l’utilisateur. Donc, pour éviter une usurpation d’identité, tous les utilisateurs doivent protéger leur clé privée avec soin.

2. Peut-on modifier l’historique ou l’algorithme de la blockchain ?

Théoriquement oui, avec la complicité de la communauté participant à la blockchain (les mineurs). Pour ce faire, il faut obtenir l’accord des acteurs détenant 51% de la puissance de minage pour modifier l’historique de la blockchain. Donc une telle attaque (qui viendrait de l’intérieur) est envisageable, mais n’en reste pas moins improbable. Une blockchain dont les règles ont été changées perdrait la confiance de ses utilisateurs. Par conséquent, elle risque de considérablement perdre de la valeur et l’intérêt pour les 51% deviendra nul.

En revanche, une attaque venue de l’extérieur nécessiterait une puissance de calcul supérieure à celle déployée par tous les mineurs dans le monde entier. Autrement dit, plus la blockchain du bitcoin grossit plus elle devient inattaquable. L’une des forces de la blockchain réside dans sa taille.

3-Peut-on attaquer la blockchain :

C’est très improbable, car les algorithmes de signatures et de chiffrement utilisés dans la technologie blockchain font partie des plus robustes et puissants à l’heure actuelle. En outre, plus une blockchain grossit plus elle devient inviolable, donc pour attaquer une blockchain du bitcoin, il faut que les attaquants disposent d’une puissance de calcul supérieure à celle de tous les mineurs. Bon courage aux attaquants !

4-Peut-on faire disparaitre la blockchain ?

Contrairement au système centralisé comme les banques, la blockchain du Bitcoin est distribuée : chaque ordinateur du réseau possède une copie de la blockchain. Si l’une d’entre elles venait à disparaitre, les autres copies garantissent la continuité du réseau. Donc pour faire disparaitre la blockchain du Bitcoin, il faut supprimer toutes les copies sur tous les ordinateurs du réseau. Bon courage !

Pour conclure sur la partie sécurité, il faut retenir que la robustesse et la force de la blockchain du bitcoin réside dans sa taille et dans sa décentralisation.

Les inconvénients de la blockchain :

On dit souvent que la technologie blockchain va changer le monde, d’une part c’est une réalité, mais il ne s’agit pas d’un remède miracle qui va résoudre tous les maux de la planète comme ses défenseurs le prétendent parfois. Voici un aperçu de quelques problèmes majeurs de cette technologie.

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